Une clinique de la vue, c’est un client particulier pour un site web. Une bonne partie de ses visiteurs arrivent parce qu’ils voient mal. Ses professionnels répondent à un ordre, qui encadre chaque mot de leur publicité. Et sa clientèle, fidèle depuis trente ans, a une habitude bien ancrée : elle téléphone.
Les Yeuxtistes, c’est André Martin, opticien, qui ouvre sa lunetterie à Lévis en 1992, et une équipe qui compte aujourd’hui plus de 35 personnes, des optométristes aux opticiens. Le site devait dire tout ça sans en faire trop. Et il devait le dire à tous les yeux.
01Écrire dans un cadre
Le Code de déontologie des optométristes ne laisse pas beaucoup de place à la publicité habituelle. Pas de témoignages : le site n’affiche ni avis de clients ni note Google, même flatteuse. Pas de comparaison avec les autres cliniques. Et le nom et le titre de chaque professionnel, en toutes lettres.
Concrètement, chaque phrase a été relue avec ça en tête. Des mots comme « irréprochable » ou « incontournable » sont partis : une qualité qu’on ne peut pas démontrer, on ne l’écrit pas. Ce qui distingue la clinique est dit autrement, par les faits : tout au même endroit, un laboratoire sur place, une famille aux commandes depuis 1992.
Même chose pour les informations de santé. Ce que couvre la RAMQ, ce qui demande une consultation le jour même, ce qui relève de l’urgence : tout a été vérifié aux sources officielles avant d’être écrit, et validé par la clinique.
02Un site qui se lit même quand on voit mal
Le texte du site est composé en Atkinson Hyperlegible, une police dessinée par le Braille Institute pour les lecteurs qui ont une basse vision. Chaque lettre y est faite pour qu’on ne la confonde pas avec sa voisine : le l, le I et le 1, le O et le 0. On a même redessiné ses zéros, que la police barre par défaut.
Les contrastes ont été vérifiés texte par texte, sur toutes les pages, contre le seuil des normes d’accessibilité du Web (WCAG, niveau AA). Les boutons sont assez grands pour un pouce, et tout le site se parcourt au clavier.

03Ressembler à la clinique, pas à un gabarit
La salle de montre des Yeuxtistes est blanche, avec du marbre, du terrazzo et des lignes noires. Le site reprend cette matière : ses fonds rappellent le marbre de la clinique, plutôt qu’un beige générique.
Le mouvement, lui, vient de l’examen de la vue. Les éléments du site arrivent légèrement flous et deviennent nets, comme quand l’optométriste tourne la molette du réfracteur. C’est la signature du site, et elle dit quelque chose du métier.
À l’accueil de la clinique, un mur montre quatre iris en grand format. Sur le site, ce sont les vrais iris de la famille fondatrice, photographiés en gros plan, à côté des valeurs de la clinique.

Les 30 marques de montures de la boutique ont été ramenées à la même encre, pour former un mur de boutique plutôt qu’un mur de publicités. Elles défilent sur l’accueil et se rangent en grille sur la page des marques.

04Le téléphone d’abord
Aux Yeuxtistes, les rendez-vous se prennent au téléphone. Ça a toujours été comme ça, et la clientèle y tient. Le site ne cherche donc pas à imposer une prise de rendez-vous en ligne : il mène au téléphone, partout. Un bouton d’appel dans l’en-tête, un autre au bas de l’écran sur mobile, et le numéro écrit en clair.
La commande de lentilles en ligne est prévue pour plus tard. En attendant, plutôt qu’un formulaire qui partirait dans le vide, la page le dit franchement et donne le numéro. Le formulaire apparaîtra le jour où il sera branché, pas avant.

05159 demandes, une à une
La clinique a révisé son site directement sur l’aperçu, avec notre outil de révision : on clique sur un titre, une photo ou un paragraphe, et on écrit ce qu’on veut changer. Pas de capture d’écran annotée, pas de courriel de trois pages.
En deux rondes, ça a donné 159 demandes : des textes réécrits par l’équipe, des noms à ajouter, des services à reformuler, les logos des marques. Chacune a été traitée : appliquée telle quelle, ou reformulée et signalée à la clinique quand elle posait un problème de déontologie ou qu’il manquait une information.
06Une mise en ligne qui ne casse rien
La clinique tenait à garder son hébergeur, et ses courriels y vivent. On n’a donc touché ni au domaine, ni au DNS, ni aux boîtes courriel : le nouveau site a pris la place de l’ancien, au même endroit, avec un retour en arrière possible en un clic.
Le référencement, lui, se joue sur les anciennes adresses. Un site qui change de pages perd ses positions dans Google si les anciens liens tombent dans le vide. Les 17 anciennes adresses indexées redirigent maintenant de façon permanente vers leur nouvelle page, et chacune a été vérifiée le jour même.
100
en accessibilité
Lighthouse, l’outil d’audit de Google, page d’accueil, le jour de la mise en ligne.
100
en référencement
Même mesure, sur mobile comme sur ordinateur.
97
en performance sur mobile
100 sur ordinateur. La page d’accueil pèse moins de 500 Ko.
Une clinique d’optométrie peut-elle afficher des avis de clients sur son site ?
Non. Le Code de déontologie des optométristes interdit d’utiliser un témoignage d’appui ou de reconnaissance. Le site des Yeuxtistes n’affiche donc ni avis de clients ni note Google.
Peut-on refaire son site sans perdre son référencement ?
Oui, à condition de rediriger chaque ancienne adresse vers sa nouvelle page. Pour Les Yeuxtistes, 17 anciennes adresses ont été redirigées de façon permanente le jour de la mise en ligne.
Faut-il changer d’hébergeur pour mettre en ligne un nouveau site ?
Non. Le site des Yeuxtistes a été mis en ligne chez leur hébergeur de toujours, sans toucher au domaine, au DNS ni aux courriels.




